jean-marc foltz / philippe mouratoglou
legends of the fall
vision fugitivevf313014
distribution : harmonia mundi
cd
jean-marc foltz
nowaten
vision fugitivevf31016
distribution : harmonia mundi
cd
Le premier de ces deux enregistrements ne traduit pas, comme on pourrait s’y attendre, le galop fougueux d’un mustang, objet de son iconographie, Une clarinette basse caressante, des arpèges délicats aux guitares, accompagnés parfois par des percussions évanescentes tissent au contraire un paysage aux couleurs de l’automne, entre souffle de la nature, l’idée des grands espaces, d’animations furtives et une forme de mélancolie, avec toutefois quelques indices de vivacité (« Garland »). Ces Légendes d’automne, quoiqu’elles aient la capacité d’être assimilées à divers environnements (même de l’ordre de l’intime), semblent toutefois refléter surtout celles des espaces américains, que l’on retrouve d’ailleurs, et dans une dimension plus spirituelle, dans Nowaten qui fait référence à un shaman amérindien du Michigan (rencontré par la famille de Rolf Winters, à la quête des shamans dans le film documentaire gardiens de la terre (down to earth).

Les deux maitres d’œuvre du premier enregistrement (le clarinettiste Jean-Marc Foltz et le guitariste Philippe Mouratoglou), leur complice, Ramon Lopez (batterie, tabla) y sont rejoint par le percussionniste Henri-Charles Caget (qui joue également du psaltérion) pour sublimer encore davantage cette vision de la plénitude, cette envie d’être à l’écoute d’une nature apaisante.
pierre durr
ingmar
fårö
autoproduction
distribution : bandcamp
téléchargement
Ingmar, un trio d’improvisateurs : Sarah Jamali (voix/synthé/FX), Vincent Posty (basse/guitare/FX), Pascal Gully (batterie)

Empruntant son nom au réalisateur suédois Bergman, Ingmar se devait de rendre hommage à ce dernier dans son second opus (le premier, paru en 2014, se référait à d’autres réalisateurs, Jarmush, Lynch, Cassavetes, Fassbinder et déjà à Bergman…). D’abord à travers son intitulé qui renvoie à Mon île Fårö, un documentaire du réalisateur, ensuite par les neuf improvisations inspirées par neuf personnages tirés de six de ses films.

Y-a-t-il adéquation entre ceux-ci et les expériences sonores de ce trio ? Peut-être, mais de manière lointaine. Il n’y a pas, à proprement parler, de travail sonore destiné à transcrire le caractère de chaque personnage, tel qu’il est présenté par Bergman. Mais une ambiance qui s’inscrit dans un free-rock parfois survolté, tantôt bruitiste, parcouru par des effets sombres – principalement liées au jeu de Vincent Posty – s’inscrivant dans un climat oppressant, quelque peu fuyant et trouble (c’est particulièrement frappant dans « Eva Rosenberg », personnage du film La Honte,1968), sentiment renforcé par les approches vocales de Sarah Jamali. 
 
 
 
 
 
pierre durr