spelterini
pergélisol/ choremanie
kythibongktb69
distribution : l'autre distribution
lp-dl
Derrière ce nom d'aviateur se cachent de fines fleurs du noise made in France. Des fleurs dans le noise ça commence plutôt bien cette affaire. Échappés des groupes respectifs Chausse Trappe, Papier Tigre ou La Colonie de Vacances, les quatre musiciens de Spelterini étalent un noise beurre salé transitif, direct, volumineux et massif. Ça fleure bon l'international avec des sonorités d'accointance italiennes, du côté de Zu, et norvégiennes avec Noxagt, quand c'est pas les Etats unis avec Hovercraft. Leur marque de fabrique réside dans la non compromission. L'étalement c'est pour le feedback, c'est pour la durée aussi : deux titres, un par face. Si Pergélisol démarre sur un air de Storm & Stress, c'est pour mieux pilonner derrière et terminer sur un drone incisif maniaque et motorique. Choremanie quant à lui envoie un folk nerveux pris à la gorge, dans un combat aux coups de pieds circulaires, aux contours de sonorités proches du trio France. En terminant par un travail post production façon dub le plus proche d'Hovercraft. Cette génération de musiciens n'a pas fini de nous offrir de bien belles sensations, afin de faire vivre ce qui nous rassemble bien souvent autour du sacro-saint noise-rock et c'est tant mieux et surtout bravo. Le disque est sorti le 20 septembre dernier et vous pourrez les voir en concert ces deux prochains mois en France et en Espagne principalement. Courrez et faites du foncier, c'est du physique encore une fois ce disque.
cyrille lanoë
ramleh
the great unlearning
nashazphonenp-30
distribution : metamkine
2xlp
Assez simple de poursuivre avec le disque de RAMLEH derrière cette chronique du très frais Spelterini. Outre le lien intergénérationnel avec le côté odl school de ces deux albums, le noise se fait cette fois à l'heure anglaise. Non pas avec une heure de retard, mais sur un noise sombre comme a pu le jouer Headcleaner en son temps, à l'écoute de « the twitch » et « no music of these times », qui ressusciteraient presque dans les foulées les américains Girls Against Boys. Difficile dès l'entame de ne pas penser aux (autres) anglais Loop et Hair and Skin Trading Company, sur le titre qui remplit la face A, quand les atmosphères du groupe OM planent sur d'autres morceaux. Deux gros vinyles forment le nouvel opus d'une énième reformation du groupe, la dernière en date, celle de 2009. Groupe formé en 1982, RAMLEH s'est principalement fait connaître dans le réseau cassette, autant implanté dans le rock bruitiste qu'expérimental et noise. Au point que certains membres iront former Skullflower quand d'autres comme Philip Best de Whitehouse, sont venus apporter leurs contributions. L'alternance de titres courts et longs s'avère plus que payante, les incursions électroniques s'installant au fil du disque aussi. Un album qui tombe à pic dans le revival du ''psyché lourd'' des années 90. Pas si étonnant de voir ce disque sortir chez Nashazphone, label qui avait fait paraître entre autres des disques de Skullflower ou Kleistwahr, autre projet de Gary Mundy!.
cyrille lanoë
g.a.m.s.
duo
karlrecordskr071
lp
En cette fin septembre, sort un autre disque aux accents rock et accointances avec Ramleh par la présence entre autres de Mick Harris, artiste anglais membre de Napalm Death, et musicalement proche par des sonorités apparentes, au projet Camberwell Now du batteur de This Heat Charles Hayward. Car de batterie il en est largement question sur ce disque. Il s'agit de celle d'Andi Stetcher aux accents polyrythmiques qu'on a pu retrouver par exemple chez Club Cactus (Anthony Laguerre et Jean Michel Pires). Un jeu étoffé et tout en volume se mêlant aux électroniques sombres tout en feedbacks de Guido Möbius. Affilié un temps aux musiques electronica, ce dernier apporte ici de grosses touches allemandes qu'on aurait pu retrouver dans certains travaux de Kreidler ou Radian, avec ce jeu sur la répétition et le minimalisme, l’épure comme on dit, comme en atteste le titre rebondissant « Rumba ». Tout avait pourtant démarré en volutes derrière la voix de Yuko Matsuyama, quand Mick Harris vient corser le sonore par des envolées noise qui nous font donc penser encore à Ramleh bien évidemment, sur deux titres sauvages les plus électroniques de cette fin d'album. La sortie simultanée d'un 45t est à noter et à surveiller, avec la participation de Felix Kubin et un remix d'Unprofessional.
cyrille lanoë
a.c. hello
animal fièvre
trace labeltrace049
2cds
Anne Claire HELLO est écrivaine et poète, Anne Claire HELLO s'exprime au sein de plusieurs revues dont Armée Noire (dirigée par Charles Pennequin et Quentin Faucompré) ou encore Frappa (revue web) qu'elle dirige elle-même, Anne Claire HELLO écrit pour la maison Al Dante (Naissance de la Gueule, 2015) et n'en n'est pas à son premier projet avec des musiciens après son livre-cd Paradis remis à neuf (2014) paru aux éditions Fissiles. Projet, le mot est faible, avec ce double CD paru sur Trace en (bonne) compagnie des musiciens Jac Berrocal, Jean-Noël Cognard, Guillaume Loizillon, Patrick Müller, Thierry Müller, Quentin Rollet et Laurent Saïet, qu'on a quasi tous déjà écoutés dans d'autres projets sur Trace ou Bloc Thyristors. Projet qui compile et restitue une collaboration qui les a vus monter sur scène aux Instants Chavirés, à l'Echangeur, ou au Salon du Livre Libertaire. Deux cds clipsés à l'intérieur des fameux digipacks au format DVD reconnaissables au label. Du studio sur Chatenay Malabry aux prises live, ces deux cds présentent les possibilités poétiques et musicales de la formation bien en place, dans un rock plutôt post-rock, dans un jazz plutôt froid et aérien. Les textes sont noirs et frais à la fois, rien qu'à égrainer quelques mots des titres ''sinistre, soldat mort, guerre, bombe, dictature, grelot, ravagé...'' clamés plus souvent que dits ou lus, une véritable musicalité à elle même, très physique, qui bien souvent emmène la formation rien qu'à elle. Bon c'est son projet après tout, mais là où bien souvent les poètes jouent en duo (Anne-James Chaton et Andy Moor par exemple), ici ce sont 7 bonhommes qu'il faut emmener  ! Il est tout aussi appréciable de l'entendre d'ailleurs seule, la longueur de l'album aidant. Deux respirations dans ce maelström de coups de gueules jusqu'au bout, avec un ''Ravagé'' incisif. Une poésie sonore qui ne s'écrit pas toujours tellement elle va vite, une poésie en montagne russe à tout berzingue.
cyrille lanoë