jason van gulick
entelechy
idiosyncraticsidcd008
distribution : mandai
cd
C'est la première fois que j'entends la musique de JASON VAN GULICK, artiste français vivant à Bruxelles. Sur ce qui semble a priori, et pour cause, être son premier disque. Un solo de batterie assez particulier et personnel. Une batterie amplifiée de partout, des cloches assassines, qui battent le rappel à des phrasés forcément industriels, en échos et résonances. Des rythmiques glaciales surplombent un jeu nerveux, retenu. Capable de faire sonner un charley de la plus grave des façons. Tout en légère reverb, dans un timbre caverneux à souhait. Plus que nerveux, son jeu est aussi physique, un peu comme on peut le retrouver parfois chez Will Guthrie ou Chris Cosano. Un jeu sec aux sonorités parfois entendues sur le label Corpus Hermeticum. Se laissant aller de temps à autre à quelques sonorités électroniques proches de Z'ev ou dark ambiant à la Drone records. De silences résonants en paysages ondulants, ce Entelechy sait aussi se faire poétique, intimiste. Architecte de formation, il semble y jeter quelques expériences dans la construction de ses morceaux, deux pièces découpées en plusieurs parties chacune. Je pense avoir trouvé à qui me faisait penser ces escapades sur cymbales, à celles de Jason Kahn à ses débuts. Aventureuses souvent, ces propositions en autant de cartes postales se savourent facilement et étonnent même par ce coup d'œil par l'oeil de juda sur les pratiques libres de cet exercice du solo de batterie. Un très bon cru. A la votre.
cyrille lanoë