kaumwald
hantasive
opal tapesopal033
lp
opera mort
dédales
alteralt15
distribution : metamkine
lp
J'ai tellement mis le temps à écrire cette chronique, que ce mini LP de KAUMWALD semble a priori sold out. Néanmoins, je ne pouvais pas rester sans vous dire tout le bien que je pensais de ce disque. Quelle fraicheur chez ce duo français édité par un label anglais, Opal Tapes. A l'image récemment du dernier OPERA MORT, lui aussi sorti en Grande Bretagne, sur Alter. Deux duos donc, et une similitude jusque dans le fait qu'un membre de chaque formation habite Bruxelles. D'autres similitudes rassemblent ces deux univers et ces deux disque sortis en janvier et avril de cette année. KAUMWALD oscille entre indus froide, clinique, oscillante et répétitive. On ressent les ponts entre ces musique électroniques et l'électroacoustique, dans la trituration de nappes analogiques. KAUMWALD hésite, et marche très bien sur son fil tissé par des machines lo-fi bouclées et promptes à l'accident. Cette fraicheur dont je parlais est à rapprocher sur certains titres d'une no-wave du début des années 80. Qui fabrique ici des bulles psychédéliques, parfois même rugueuses. Si ce mini LP est sold out (sur le site du label tout du moins) jetez vous sur le bandcamp du groupe. Ces bulles psychédéliques sont aussi utilisées chez OPERA MORT. J'ai déjà écrit tout le bien que je pensais de ce duo tout terrain, pour une musique souterraine. On laisse le statique se fissurer, s'étirer. On ramasse les basses, les potards ouverts progressivement à 180°. Ouverture. Il en est question je trouve sur ce disque, si l'on regarde dans le rétro les productions précédentes du groupe, qui étaient aussi "ouvertes" à leur manière bien évidemment. Bien plus ambiant que ses petit frères ce Dédales. On y glisse beaucoup sur ces dédales, on affine les espaces. Une nouvelle direction, qui voulue ou pas, réussit pour moi une nouvelle fois à démontrer tout le talent de ce duo dont je ne saurais également aussi que trop vous conseiller les escapades de Jo sur son projet Fusiller, sur sa structure Tanzprocesz, et l'excellent split avec Balinese Beast. Au moment où je vous écrit, OPERA MORT se fait quasi krautrock, sur Baillon rose.
cyrille lanoë
wieman
the classics album
baskarukaru:30
distribution : metamkine
cd
Restons dans les musiques électroniques. Et passons cette fois du côté des musiques numériques. On connaissait le duo Goem adepte d'une techno minimale, teintée de micro concepts expérimentaux. On retrouve ici les néerlandais Frans de Waard et Roel Melkop aux manettes d'un plunderphonics à tendance collages avec pour thématique des samples, peu reconnaissables pour certains, de morceaux contenant en leur titre les termes "rhapsody", "symphony" ou encore "overture". Ils ont pioché dans tous les registres, des musiques metal (sur ce super "Mega deconstructed live wish"), au jazz, en passant par la minimal house sur l'ouverture du disque, "With a lat verve". On retrouve en fin d'album la patte maitresse du duo, le souffle minimal, les battements asthmatiques et sourds, les fréquences notamment radio, pour une musique électronique statique, et étirée le long de presque 17 minutes de lenteur quasi cosmique. Un disque à part parmi ceux reçus ces temps-ci. Cette dernière longue pièce nous rappelle la musique attractive de Kapotte Muziek. Comme pour nous dire qu'ils brouillent bien les pistes (c'est le cas de le dire) d'un projet qui avait déjà débuté sous le nom de Zébra avec cette fois une sélection de titres contenant le mot "music". 
 
 
 
 
 
cyrille lanoë
black to comm
providence
dekorderdekorder 074
distribution : metamkine
picture 12"
excepter
the stand
dekorderdekorder 073
distribution : metamkine
picture 12"
experimental audio research
all things being equal
dekorderdekorder 072
distribution : metamkine
picture 12"
On reste dans les musiques électroniques dans ses côtés plus ambiant, plus dark. Le label allemand Dekorder fêtait ses dix ans cet été avec une série de picture-discs une face au format maxi vinyle. Trois visions d'une musique électronique entre dark et ambiant, surtout chez BLACK TO COMM, dans une montée intéressante qui vire même drum & bass sur la fin. EXCEPTER ralentit le tempo et injecte des voix enfantines à une synth-pop largement new-wave, aux pulsations évidemment très 80's. Avec une touche lo-fi des débuts de Gang Gang Dance. The Fence, mon titre préféré, nous transporte dans une électronique en lévitation, en illusions se transformant en musique répétitive aussi cheap que séduisante, se terminant en électro-minimale de haute tenue. Le dernier titre me rappelant certains travaux de Jessamine avec Sonic Boom, aka EXPERIMENTAL AUDIO RESEARCH ou E.A.R. Justement ici à l'honneur aussi. Une ambiant synthétique et psychédélique, comme Peter Kember sait le faire. Aux couleurs assez musique répétitive également. Tout aussi efficace que sans grande surprise. Une belle collection en tout cas. 
 
 
 
 
 
cyrille lanoë
datashock
keine oase in sicht
dekorderdekorder 076
distribution : metamkine
2xlp
J'avais laissé le groupe allemand DATASHOCK en 2007 avec un mini LP chez Textile records. Et j'avais un souvenir de quelque chose de plus électronique que ce que j'entends ici. Un double LP rempli à ras bord de psychédélisme free. Un long périple tel une bande son d'un road trip en mode thriller parfois. Un côté très americana me fait penser à Friends of Dean Martinez, en mode beaucoup plus psyché j'en conviens. Le rappel de ce thème à la flûte parfois filtrée, en écho à ces chaloupes au synthétiseur renforce l'idée de bande originale de film. Le No Neck Blues Band n'est pas très loin sur "Obsidian Karavan und die acht Drachtmen". Une longue dramaturgie post-rock avec les montées mélodiques qu'on peut lui connaitre. Mais sans jamais ne tomber dans la surenchère, une qualité d'écoute qui donc s'en ressent. Un psychédélisme discret, mais omniprésent. Après un petit passage à vide en milieu de disque, on se laisse surprendre par un disco funk aux accents krautrock sur "Herr mit dem Kelch, (das) hier muss es sein". Certaines sonorités me font parfois penser à Ma Chérie For Painting, d'autres aux Liars sur l'excellent "Tod in der saarvanne". La fin du disque se fait clairement plus krautrock. Je les préfère nettement en free-rock psyché sur la toute première parie de ce (très) long disque.
cyrille lanoë