soixante etages
lumpen orchestra
33revpermi3213
distribution : metamkine
cd
baise en ville
vand'oeuvrevdo1339
distribution : metamkine
cd
SOIXANTE ETAGES est le Lumpen Orchestra. Orchestre où l'on retrouve cette fois le duo Brussel (Brune Fleurance et Hugo Roussel), Dominique Répécaud bien sûr, Heidi Brouzeng, François Dietz à la prise de son et au mixage, et Henri Jules Julien sur le morceau "Egyptian blues". Du blues tiens. Il en est largement question au départ. Me rappelant "Immensity of the territory" par Ab(s)hum. Jusqu'au titre "3'33''" qui marque un virage beaucoup plus rock. Un rock dépouillé sur du spoken word à "La trace". Un rock à la Kramer, assez lo-fi et new wave sur le beau "Lumpen velvet", qui me replonge dans la pop naïve (surtout dans la voix) d'Earwig. "Willow willow" nous propulse dans une no-wave proche d'Amolvacy. Un dub aux 45t fous nous est offert "avec du vin et du champagne", ça c'est le "Kafe Klatsch". D'un morceau à l'autre il se passe toujours quelque chose. Ce qui rend ce disque audacieux, subtil, attachant, imprévisible. Le duo BAISE EN VILLE flâne, se promène. Promène son histoire, sème ses poèmes. Soupire sa tension, raidit son souffle, respire son corps, corporellement actif, physiquement au rendez-vous. On sait pas trop où Natacha Muslera et Jean-Sébastien Mariage nous emmènent au départ. Une guitare qui pourtant traine vers chez Noël Akchoté ou Jean-François Pauvros, une guitare ouverte sur une voix susurrée, presque chuchotée mais qui trouve le moyen de courir, ralentir, râlant son venin, et en s'arrêtant à la brutalité retenue, tout en te crachant quand même à la gueule ce message qui veut pas passer : "L'eau tonne comme un crachat d'hiver". Un langage inventé in situ, un dialogue en live, dialogue qui s'accorde assez souvent entre les deux protagonistes.
cyrille lanoë
la morte young
s/t
dysmusie/up against the wall, motherfuckersdyslp2/uatwm005
distribution : metamkine
lp
On reste dans l'hexagone avec le trio de duos LA MORTE YOUNG. On s'éloigne pas tant que ça du déjà très bon Soixante Etages. Non loin encore de Baise en ville avec la voix, plus éloignée, plus discrète mais tout aussi criarde d'Erle du duo Talweg, ici présent donc, en compagnie du duo Sun Stabbed et de celui de Nappe. Un triangle aiguisé nourri à la noise lente, dronique forcément, en feedbacks surtout, au rock abstrait et avant-rock, au surréalisme proche de Micropenis, Gustaforte ou Oleo Strut. Le plafond est épaissi d'une couche de noise rock façon Dead C. Et c'est pas un mur de harsh noise qu'on se prend en pleine tronche sur "The case of the 5 sided dream in audio color", mais un plafond qui résonne d'un rouleau compresseur en saturation, de guitares qui flambent jusqu'à la dernière cendre, d'une batterie proche des Sister Iodine, dont on reparlera très vite. Du lourd qu'on vous dit, quand la première face sonnait plus psyché, sur "Whisper of Dharma 1 et 2". Mais la tension revient au galop sur un dernier titre à couper le souffle, "Brotherhood of breath". Avec une place plus grande aux électroniques au trot, sur des guitares arrachant les places une à une dans une course de fond effrayante. Écrasant tout sur son passage. Pas de doute, LA MORTE YOUNG n'est pas venu pour faire figuration et fixe ses nerfs sur un disque plein d'audaces, d'agressivité contrôlée, de recherches soniques, fouillant dans le rock in opposition et l'avant garde. Le tout dans des ambiances dada, et dans une pochette peinte par Michael Morley des Dead C. Il a tout pour plaire ce poulain. Un As comme on dit.
cyrille lanoë
sister iodine
blame
premier sang008
distribution : metamkine
lp
Exploration de la chair, entravée, disséquée, recrachée. Violence animale, cannibale, apocalyptiquement noise, harsh noise à l'arrache, déflagrations soniques aux abois, malaise en surface. Surface noire griffée, tailladée, tronçonnée, dérangeante, mutante, hurlante. Une maitrise de la machine qui s'emballe dans un mix assombrant un peu plus la chose, avec un son de batterie totalement hallucinant, martelant au loin mais si présent à la fois. Chaque coup de caisse claire est donné comme si c'était le dernier. Souvent il faut le dire face à deux guitares qui ne lui laissent pas le choix que d'aller à l'affront. Au front d'une expérience assez rare d'une telle dévotion au bruit. Ça fait un moment que ces trois là l'ont fait le mur du noise, et ils le prouvent encore ici à travers dix titres racés, taillés dans la masse, là, en quasi direct, devant vous. Un super disque. A classer entre la noise japonaise, le math rock à la Lightning Bolt (sur "Druga Suza")et le HNW. 
 
 
 
 
 
cyrille lanoë