sun stabbed
des lumières, des ombres, des figures
doubtfulsoundsdoubt 06
distribution : metamkine
lp
Sunn o))), Sun City Girls, Sun Plexus, Sun, Sun Ra, Sun Carriage...et Sun Stabbed ! Si vous aimez les groupes précités vous oserez sans problèmes vous plonger dans le premier album vinyle du duo grenoblois fondé en 2005, et ainsi le classer par ordre alphabétique derrière les innombrables groupes du soleil...Avant de le ranger, attardons nous sur les quatre pièces de ce disque aux titres évoquant le dadaïsme, pour exemple : ''Les sociétés sécrètes et leurs agissements'', ou encore ''La terre avec ses bruits''. Creusons plus encore et découvrons un univers tourmenté, digne parfois sur ''Ce petit monde en dérive'' de bande son de séries Z. Le tout à deux guitares et je suppose quelques bandes...Le tourment est saisissable sur chaque pièce et devient même tendu sur ''La fin, on l'a deviné''. Blues aride à la Bruce Russel avec des bandes triturées par dessus et sa bonne dose de parasites en va-et-vient. Ces résidus de blues vont, plus loin, défier un drone dans les graves interprétant certainement, les ''agissements'' ''des sociétés secrètes''. Une certaine légèreté survole les 4 pièces, dans le bon sens du terme, et apporte une touche ''pop'' et ''ambiant'' à cet univers pourtant décrit plus haut comme tourmenté, sans être malsain donc. Ne rangez pas trop vite ce disque à la place que vous voulez après tout, mais réécoutez le. Ce disque est un véritable outil de communication. Les gars vous causent et ne vous lâchent pas. Dans un discours aux contours krautrock, parfois électroacoustique. Il y a bien un message, mais que je n ai pas encore saisi, qui peut-être sera dévoilé l'espace d'une future galette ? En attendant creusons, les amis, creusons. C'est du bon.
cyrille lanoë
alberorovesciato
tigers on acid in the hell of the brush wood
singing knives recordssk013
distribution : metamkine
cd
shiggajon
fire sange i gul og rod
singing knives recordssk012
distribution : metamkine
cd
Superbe découverte que ce label anglais Singing Knives Records. Le duo italien résidant à Berlin, ALBEROROVESCIATO, est une pure merveille avec ses sonorités voodoo, complétement lo-fi, et psyché aussi, parfois à la Sunburned Hand Of The Man. Un véritable déluge de percussions cradingues, tel parfois un Moondog délicieusement destroy, des percussions primitives presque traditionnelles, ou lorgnant sur certaines pièces du disque The Ex & Guests. Le tout enveloppé dans un son restituant les saturations telles quelles, donc plus que lo-fi. Et une bonne dose de synthés cheap à la Radikal Satan. Le côté mystique et planant est ici érigé tel un Graal exploité jusqu'à la moelle. Un duo sacrément frappé, pour notre plus grand plaisir. Surtout lorsqu'il est accompagné d'une guitare noise et de cuivres alcoolisés. Un joyeux bordel. Un autre duo, danois cette fois, le même label, la même quête du mysticisme, des velléités rituelles en plus. Drôle de rencontre, à la première écoute de ce disque de SHIGGAJON. On se croirait au milieu d'un rituel en Malaisie (comme sur ''I i rod''), une musique aux cordes râleuses, tristes, aux cloches et flûtes virevoltantes...Mais non, nous sommes bien à Arhus, au Danemark. Etonnant duo donc, inspiré par ces musiques traditionnelles, recrachant une expérience surement vécue. Alors vous allez me dire à quoi bon écouter ce duo plutôt que de très bonnes musiques folkloriques ou traditionnelles ? J'ai un élément de réponse = ça sonne bien, on se replonge facilement dans des sonorités proches du catalogue VHF (des débuts particulièrement, avec Doldrums par exemple), et ce disque a le mérite de poser des questions. Au moins une. Est-il possible de se réapproprier à ce point ces musiques ancestrales ? Ici, en tout cas pour ma part, ça ne me dérange point. Allez-y....
 
 
 
 
 
cyrille lanoë
gurumaniax
psy valley hill
bureaub bb054
distribution : la baleine
cd
GURU GURU fut l'une des formations mythiques du Krautrock des années 70… Le groupe laissa quelques enregistrements marquants (les 4 premiers notamment "UFO", "Hinten", Känguru", "same" auxquels on peut rajouter "Hot on Spot", paru au cours des années 80 sur le label de Steve Stapleton/Nurse with Wound mais reprenant des lives de 1972). Mani NEUMAIER, son batteur, en fut l'âme et son continuateur jusqu'à nos jours, après le départ d'Uli Trepte (basse) en 72 puis d'Ax Genrich (guitare) en 73. Il émargea aussi, avant l'aventure guruesque, aux débuts du free jazz germanique, aux côtés d'Irène Schweizer, de Peter Bröztmann ou de Wolfgang Dauner (1967), un temps aussi membre du Globe Unity.
Ce vétéran (71 ans!) s'accoquine aussi, seul ou avec sa formation, avec d'autres musiciens, tels Peter Hollinger, Luigi Archetti ou le guitariste japonais Uchihashi Kazuhisa.
Deux parutions récentes, émanant d'une jeune maison d'édition allemande, Bureau B (elle a à son actif les 2 derniers Faust, versus J.H. Péron/Zappi Diermaier, des rééditions de Cluster et de Roedelius…) témoigne de la vitalité de Mani NEUMEIER.
GURUMANIAX apparait comme une reformation partielle des débuts de Guru Guru, par sa proposition instrumentale: batterie, guitare, basse. Et le guitariste n'est autre qu'Ax Genrich. La guitare basse est tenue par Guy Segers (ex. Univers Zéro, Présent), remplaçant Uli Trepte, décédé en 2009. Le premier titre laisse apparaître un power trio des plus efficaces, qui peu à peu, dans les titres suivants, emprunte les chemins du psychédélisme inhérent aux premières productions de Guru Guru (en particulier Spaceship Memory, relecture d'un Space Ship de l'album "Hinten" et telefonladies, rappelant Girl Call, réactualisé par l'insert de voix d'opérateurs téléphoniques, titre apparaissant dans "UFO"); coloration due notamment à la guitare d'Ax Genrich. Cette volonté d'un certain retour aux sources se traduit aussi par le dernier titre de l'album, For Uli T, dédié évidemment au bassiste d'origine de la formation teutonne. Toutefois Electrosaurus avec ses loops délivrés par Guy Segers oriente GURUMANIAX vers d'autres atmosphères.
pierre durr
mani neumaier & kawabata makoto
samouraï blues
bureaub bb071
distribution : la baleine
cd
En même temps que sa production récente dans le cadre de GURUMANIAX, Mani NEUMAIER continue son partenariat avec Kawabata MAKOTO, déjà entamé en 2008 avec l'enregistrement en public au Japon de "Underdogg Express" de ACIDMOTHERSGURUGURU. Le présent duo émane d'ailleurs de la même période. Structurellement "Samurai Blues" fait plutôt figure d'une jam entre deux musiciens inspirés. Si l'on connait la propension du guitariste/leader d'AMT à mettre en avant ses délires guitaristiques, force et de reconnaitre son respect pour son ainé allemand, qui s'impose par son assise rythmique. Cinq improvisations, parfois proches d'un free jazz nerveux (Tomorrow's Twist) développent une énergie jubilatoire aux accents psychédéliques rappelant l'époque d'un krautrock libre, non balisé. 
 
 
 
 
 
pierre durr
yuko oshima
kéfukéfu – signs
creative sourcescs 124
distribution : metamkine
cd
Japonaise expatriée depuis une dizaine d'années en Alsace, Yuko OSHIMA hanta d'abord avec ses percussions la scène musicale improvisée de la capitale alsacienne, émargeant dans plusieurs formations (L'Autre Orchestre, Ici…) avant de se mettre en partenariat avec Eve Risser au sein de Donkey Monkey (qui vient de sortir son 2e opus, "Hanakana" en ce début de printemps). Présente peu à peu sur d'autres scènes (elle participe à un enregistrement du groupe Le Nœud Logique), elle se propose, par le biais de l'éditeur portugais, d'emmener l'auditeur vers deux de ses univers sonores. "Kéfukéfu" nous offre une déambulation d'une trentaine de minutes, dont la trame principale est préconçue. Elle débute par une polyrythmie structurée et charpentée qui laisse peu à peu sa place à des ambiances plus feutrées générées par l'échantillonnage et les sons électroniques, dans lesquelles s'insèrent divers effets et des chants psalmodiés. Pour s'achever sur un mouvement plus dense, combinant, de manière plus déstructurée les premières parties de cet itinéraire sonore dans lequel la force et la délicatesse, tels le ying et le yang, se côtoient au service d'un univers finalement très poétique.
Le second CD, Signs, est davantage orienté vers l'improvisation pure et se décline en 11 signes, tantôt plus percussifs, tantôt davantage orientés vers l'électronique. Sans posséder la force attractive de "Kéfukéfu", il propose des mises en situations variées du partenariat percussion/électronique chaque fois nourries d'inventivité et d'efficacité.
pierre durr
the remote viewers
to the north
remote viewersrv8
cd
Avec ce troisième opus paru sur leur propre label, la formation britannique réduit encore davantage sa voilure. A la fois par sa durée – on passe d'un quintuple CD puis d'un double CD à un seul CD – et par – et c'est une première depuis la naissance de la formation en 1997 – l'absence de sa composante électronique qui faisait souvent, tout au long de ses huit précédents enregistrements, son originalité. Mais l'équipage reste conséquent depuis 2007: le duo Adrian Northover, David Petts (depuis le départ de Louise Petts) confirme son ouverture vers d'autres musiciens et semblent se stabiliser autour d'un septet au sein duquel officient quatre saxophonistes et une section rythmique: l'ancien partenaire du duo de base au sein de B.Shops for the poor, le contrebassiste John Edwards, auquel se joignent le batteur Mark Sanders et Rosa-Lynch Northover au marimba. Le long partenariat de la conjonction entre saxophone et électronique a toutefois nourri un son particulier dans le travail du saxophone qui perdure ici, permettant d'identifier aisément le groupe mais aussi, sans doute, l'écriture de David Petts, seul compositeur de l'ensemble. 
 
 
 
 
 
pierre durr
danielle palardy roger
pinta, niña & maria
ambiances magnétiquesam 201
distribution : orkhêstra
cd
La traversée de l'Atlantique semble constituer – à raison sans doute – un élément fondateur auquel se rattache l'imaginaire des créateurs d'outre-Atlantique quand bien même leur propos initial en différerait. Déjà Chantal Dumas assimilait, dans migrations océanes (in "Le parfum des Femmes" en 2001) la traversée effectuée par u ne femme avec la lente migration des eaux froides. Ici, la symbolique des trois nefs de l'expédition de Christophe Colomb, à travers leurs différences, est utilisée pour évoquer les métissages musicaux entre tradition orale, musique écrite et improvisation. La Pinta serait l'improvisation (les pièces s'y rattachant étant interprétées par treize musiciens d'en semble du nom de GGRILL, la tradition orale, qui inclut des textes de la fin du XVe siècle, défendue par l'Ensemble SuperMusique étant véhiculée par la Niña, tandis que la (Santa) Maria hébergerait la musique écrite à travers l'ensemble ECM+. A travers leurs différences, les trois navires participent de la même expédition et l'auditeur ressent dans cet enregistrement davantage l'unité conceptuelle de la composition, due à Danielle Palardy ROGER, d'autant plus que l'ensemble SuperMusique (formation maison) pratique aussi l'improvisation et que certains passages – certaines parties du fret, devrait-on écrire – de la Maria usent aussi des techniques de l'improvisation contemporaine par l'introduction d'échantillonnages et de percussions électroniques associées à une formation par ailleurs purement acoustique.
pierre durr
suboko
bru-tes
ff hhhff hhh 76
distribution : metamkine
cd
Après l'édition, il y a près de trois ans d'un premier opus, le trio de percussionnistes (et autres objets, platines, électroniques) SUBOKO nous livre ici deux performances en public réalisées en 2009, l'une à Bruxelles, l'autre à Nantes. Les sons grondent, grincent, chantent, s'entrechoquent, vibrent pour tisser une toile plutôt rêche mais parsemée de motifs variés, curieusement déclinée en une presque centaine (99) de repères/indexations, renouant ainsi avec le jeu des indexations dont se nourrissaient déjà en son temps Sun Plexus, dont l'un des officiants émarge dans le présent enregistrement. La toile serait toutefois taillée dans la tôle, ou ciselé grossièrement telle une cotte de maille, apte à encaisser les coups dans un univers plutôt métallurgique. 
 
 
 
 
 
pierre durr
tiari kese
ave
& records&10
cd
Nouveau venu au sein du label québécois créé par Michel F Côté, Tiari KESE est un multi instrumentiste (claviers, cordes, cor…) accordant aussi beaucoup d'importance à l'échantillonnage. A l'exception de la présence – plus ou moins noyée dans le maelstrom sonore – du trompettiste Ellwood Epps et de Côté lui-même (percussion, sons et électroniques), il en est le maître d'œuvre et le résultat sonique, sept compositions entre 4 et 14 minutes, s'apparente un peu aux travaux de John Wall, avec peut-être plus d'emphase, plus d'optimisme. Les nappes sonores sont chaleureusement doublées par la trompette (dans Dream of Spartacus's Spacecraft par exemple), souvent parcouru de petits craquements électriques opérés tels de discrets ruissellements. Les pièces assez cohérentes les unes par rapport aux autres s'ingénient toutefois à s'individualiser par quelque couleur sonore particulière, rendant l'écoute de l'ensemble agréable. 
 
 
 
 
 
pierre durr